La répression sanglante à Pékin des manifestations estudiantines par les forces communistes chinoises l'an dernier a détruit tous les espoirs d'avenir de la population hongkongaise quand le territoire passera sous la juridiction du régime communiste en juillet 1997.
Selon un sondage au début de 1989, 75% des sondés gardait quelque confiance en l'avenir de Hongkong. Au mois d'avril suivant, cette proportion de sondés était déjà tombée à 60%; et après la promulgation de la loi martiale à Pékin le 20 mai (mais avant le massacre du 4 juin), elle n'était plus que de 52%! Or justement, selon des Industries de Hongkong, tout changement dans la situation politique en Chine continentale influence directement la confiance des industriels en l'avenir de Hongkong. En conséquence, les perspectives d'investissements deviennent beaucoup plus à court terme à mesure que la confiance s'estompe. Dans ces circonstances, peu de gens attachent de l'importance à fondamentale (Basic Law) qui a été rédigée par une commission ad hoc. Et M. Martin Lee Chu-ming, un des leaders du mouvement démocratique de Hongkong, exprimant déjà beaucoup de doutes sur cette loi, a proposé une révision de tion commune sino-britannique de 1984 (DCSB/SBJD) qui est en fait le point de départ des arrangements concernant l'avenir de la colonie britannique.
Devant la panique, des Hongkongais se sont carrément lancé dans diverses propositions, acheter des îles du Pacifique du Sud, placer Hongkong sous la protection ou un mandat de l'ONU, faire de Hongkong un territoire indépendant, rechercher une adhésion particulière au Commonwealth britannique des Nations et bien d'autres choses encore. Mais aucune ne pourra se réaliser. Selon un autre sondage organisé récemment par le South China Morning Post, les habitants de Hongkong préfèrent de loin une sorte d'indépendance du territoire au statut fatal que sera la « Région administrative spéciale » (RAS) sous la souveraineté de Pékin. En clair, on met immédiatement en doute la prétendue politique d'« un pays, deux systèmes».
Après l'incident de Tienanmen, les documents du Parti communiste chinois (PCC) qui circulaient en haut lieu prévoyaient tous, selon les vœux des dirigeants communistes, le maintien de la politique de la « porte ouverte» et des réformes dans le domaine économique, même s'ils entendent réimposer la ligne politique marxiste-léniniste conservatrice. Il y a évidemment une certaine contradiction dans ces deux formules.
Après la restauralion du calme au moins relatif à Pékin sur le plan politique, le régime s'est à nouveau tourné vers Hongkong. Sa première réaction fut d'en critiquer âprement les publications individuelles et les masse-médias comme en témoignent les articles parus dans le Quotidien du Peuple de Pékin et autres publications qui font autorité en la matière. Puis survint la séquestration de M. Lee Cheuk-yan, représentant de l'Alliance hongkongaise pour le soutien du mouvement patriotique et démocratique en Chine, lequel eut la malchance d'être autorisé à se rendre à Pékin.
Au début juin 1989, les médias principaux et officiels de Pékin avaient commencé à attaquer les soi-disant tentatives d'utiliser Hongkong comme « base contre-révolutionnaire » contre après le « maire» de Pékin, Tchen Hi-tong [Chen Xitong], dans son rapport sur la répression des manifestations estudiantines au Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire (ANP) , dénonça violemment la presse de Hongkong relatant l'incident de Tienanmen comme une évidence de sa collusion avec les influences négatives étrangères conspirant à rendre [continentale] à un réduit du capital monopoliste international.
Le 11 juillet, lors de sa rencontre avec les personnalités dirigeantes de de rédaction de fondamentale (CRLFIBLDC) et de consultative de fondamentale (CCLFI BLCC) , le nouveau secrétaire général du Parti communiste chinois (PCC), Kiang Tse-min [Jiang Zemin], avertit que Hongkong devait se tenir à l'écart des affaires intérieures de [continentale]. Il ajoutait que « conformément au principe « un pays, deux systèmes », [continentale] mettait en pratique le socialisme, alors que Hongkong appliquait le capitalisme; ainsi, les eaux du puits ne pouvaient se confondre avec celles de la rivière. » La déclaration de Kiang Tse-min et les commentaires relatifs à la colonie britannique des autres responsables des affaires de Hongkong cherchent tous à garantir le maintien de la stabilité et de la prospérité de l'enclave britannique et à en avertir la population de s'abstenir d'actes qui pourraient menacer le régime communiste chinois. Cependant les soupçons de Pékin ne sont pas du tout fondés. Bien que la vaste majorité de la population hongkongaise soit braquée contre le régime de Pékin et clame plus fortement ses idées en privé ou à travers les médias, elle n'a aucune intention d'en treprendre une action quelconque contre le régime en place à Pékin.
Le secrétaire général du Parti communiste chinois annonça également que la loi serait promulguée comme prévu au printemps 1990 à la troisième session plénière de la VIIe Assemblée nationale populaire, et le Comité permanent de cet organisme décida alors de proroger la période de consultation de trois mois jusqu'à la fin octobre 1989. Mais ce fut une grande déception pour les habitants de Hongkong, car on entrevoyait déjà la réticence de Pékin à faire les révisions conséquentes dans le projet de fondamentale publié en février 1989.
Les propos de Kiang Tse-min sur la formule « un pays, deux systèmes », en revanche, a provoqué une très grande inquiétude parmi la population de Hongkong, en particulier chez les intellectuels. En effet, Mao Tse-tong lui-même avait bien remarqué que la révolution ne pouvait s'exporter; sur ce point, les dirigeants communistes chinois actuels et la communauté de Hongkong étaient tous parfaitement d'accord. Alors, le vieil adage chinois que les eaux du puits ne se mêlent pas avec celles de la rivière est une analogie qui convient en la matière. Hongkong en tant qu'eaux du puits ne saurait altérer la pureté des eaux de la rivière. Mais si la rivière déborde, les eaux du puits seront en revanche souillées!
fondamentale a été certes adoptée par l'Assemblée nationale populaire le 5 avril 1990 en dépit de toutes les appréhensions qu’elle a soulevées. Mais la population de Hongkong possède un trésor dans l'autorité du droit qui est un pilier important pour la stabilité et la prospérité. Si cette population, hormis le respect des lois locales, est obligée d'exécuter diverses formes de restriction en vertu des directives ou des déclarations de Pékin, alors l'autorité du droit risque nettement de s'éroder, et la population de rencontrer de sérieuses difficultés à maintenir son propre mode de vie.
La liberté d'expression et de presse a une longue histoire à Hongkong, et la population attend beaucoup de ces droits et souhaite les conserver. Jusqu'à ce jour, ils ont toujours pu débattre en toute liberté des problèmes de continentale et leurs commentaires ont eu une influence remarquable sur l'opinion publique internationale, notamment chez les communautés chinoises d'outre-mer. En même temps, le reportage des nouvelles du monde par les médias de Hongkong a affaibli le contrôle de l'information destinée aux Chinois continentaux par les autorités communistes chinoises. Les émissions de radio et de télévision de Hongkong peuvent être captées dans presque toute l'étendue de la province limitrophe du Kouangtong, et l'intelligentsia des principales villes de Chine continentale a accès aux publications de Hongkong. Pour le moment, du moins, les autorités communistes chinoises ont accepté ce prix pour le maintien de la stabilité de Hongkong.
En juin et juillet derniers, les masse médias officiels de Chine continentale se sont mis à critiquer les activités de l'Alliance hongkongaise pour le soutien du mouvement patriotique et démocratique en Chine (AHSMPDC). Le 21 juillet, un article signé du Quotidien du Peuple critiquait nommément les leaders de l'Alliance, MM. Szeto Wah et Martin Lee Chu-ming. Les accusations ont provoqué beaucoup d'émois dans la colonie britannique. Les personnalités pro-Pékin et celles en faveur du statut politique, comme M. Allen Lee Peng-fei, membre du Conseil législatif (Legco), en appelèrent tous à la population de ne pas chercher querelle à Pékin.
Les attaques du Quotidien du Peuple étaient dirigées contre les masse-médias hongkongais. Elles ont jeté un froid ayant un effet dissuasif parmi le public. Ce fut un grand revers pour le mouvement prodémocratique qui cherchait à former un parti politique. Mais la menace de Pékin a surtout endommagé la confiance des Hongkongais en l'avenir du territoire, et même dans les espoirs de fondamentale.
Après le massacre de Pékin, de sérieux clivages surgirent dans la communauté hongkongaise à propos de l'avenir du territoire. Auparavant, la population avait dans l'ensemble accepté tion commune sino-britannique et n'exprimait que des inquiétudes sur son respect. Mais pour beaucoup, l'incident de Tienanmen a réduit le document à un inutile parchemin.
Alors que beaucoup de gens ressentent maintenant l'inutilité de discuter fondamentale, une large tranche de la population a également retiré sa confiance au gouvernement britannique, notamment lorsqu'il a rejeté le « droit de résidence » aux 3 ,28 millions de détenteurs du passeport des « citoyens d'un territoire sous administration britannique (CTABIBDTC) ». Cela a eu à son tour un impact négatif sur la légitimité de l'administration britannique à Hongkong. Certains leaders sociaux, des universitaires et d'autres, surtout ceux impliqués dans le mouvement prodémocratique, ont refusé de garder le contact avec les organes chinoissis dans la colonie ou d'engager des échanges formels avec les autorités communistes chinoises.
Des membres de l'establishment, les hommes d'affaires et quelques personnalités politiques de Hongkong croient toujours que commune sinobritannique doit être soutenue. Selon eux, il faut s'intéresser à fondamentale et aux discussions y afférentes avec sérieux pour que l'administration britannique, dans la période de transition, soit forte d'un bon appui et que tous les contacts avec Pékin à tous les niveaux soient maintenus. Une si profonde divergence d'opinions convainc difficilement les habitants à débattre fondamentale et à rechercher un consensus qui pourrait offrir quelque légitimité.
Deux des vingt-trois membres de de rédaction de fondamentale, M. Louis Cha Leung-yung et l'évêque Peter Kwong Kwong-kit, ont formellement démissionné peu après le massacre de Pékin, tandis que MM. Martin Lee Chu-ming et Szeto Wah indiquaient qu'ils mettaient fin à leur participation jusqu'à ce que la direction actuelle du régime communiste chinois ait changé. Pékin a réagi en retirant tout mandat à ces deux dernières personnes dans la commission, et la représentativité de Hongkong dans cette même commission s'est ainsi affaiblie. Aujourd'hui, elle a complètement perdu toute confiance de la population hongkongaise. Il y a eu aussi des défections dans la commission consultative de fondamentale, mais elles ont moins attiré l'attention puisque cet organisme n'est pas une composante aussi active pour l'opinion publique.
Pour ranimer l'intérêt de la population hongkongaise à fondamentale, les autorités de Pékin auraient dû en réorganiser la commission de rédaction et en renforcer la représentativité, promettre une révision du projet de ladite loi pour dissiper les appréhensions de la colonie soulevées après les troubles politiques de Chine continentale, prolonger la période de consultation et retarder la promulgation de fondamentale. La proposition d'un référendum du document aurait pu également être envisagée. On admettra que ce sont des demandes assez idéalistes peu concordantes aux réalités politiques de continentale. Mais l'attitude de Pékin n'aidera certainement pas à rétablir la confiance.
Les troubles politiques de Chine continentale ont beaucoup fait pour que les habitants de la colonie britannique apprécient mieux la démocratie. Pour se désengager progressivement du territoire, Londres et les pouvoirs publics britanniques locaux ont démontré de fortes intentions pour une accélération de la démocratisation. En mai 1989, les Conseils exécutif (Exco) et législatif (Legco) parvenaient à un consensus en faveur d'une élection directe au suffrage universel du chef de l'exécutif et de tous les sièges d'une assemblée législative d'ici 2003 et ont décidé que la moitié des membres d'une telle assemblée serait élue directement au suffrage universel d'ici 1997. Les responsables en place du gouvernement de Hongkong ont inversé leur position en indiquant que le nombre des membres directement élus au Conseil législatif (Legco) serait augmenté dès 1991 de dix à vingt.
Le rapport de aux Affaires étrangères de des Communes britannique publié en fin juin 1989 proposait assez audacieusement que la moitié des membres du Legco pourrait être élue d'ici 1991 et que tous les membres du même Legco pourrait l'être d'ici 1995. Cette proposition fut ratifiée par commure pour la promotion du gouvernement démocratique, une organisation rassemblant divers groupes dans le mouvement prodémocratique. Celle-ci a également demandé un arrangement « direct» : que les membres du Legco élus en 1995 deviennent ipso facto les membres de la première législature de la « Région administrative spéciale » de Hongkong et que le chef de l'exécutif soit directement élu au suffrage universel.
Au cours de ces deux dernières années, le système politique de la future « Région administrative spéciale » de Hongkong a été un sujet de controverse entre le mouvement prodémocratique et le milieu des affaires plus conservateur. Ce dernier a vite reçu le soutien de Pékin, et à la fin 1985, succombant à la pression des autorités de Pékin, l'administration britannique locale avait finalement accepté de « se conformer» à fondamentale.
Mais le massacre de Pékin a tout remis en question. La population locale (comme le montrent plusieurs sondages d'opinion) et Londres se sont engagés dans une accélération de la démocratisation alors que le milieu des affaires conservateur revêtait un profil assez bas de mai à juillet 1989. Néanmoins, la position de Pékin demeure le facteur déterminant, et le gouvernement Thatcher l'a fort bien compris. Quand le secrétaire des Affaires étrangères d'alors, Sir Geof frey Howe, se rendit à Hongkong au début de juillet 1989, il évita soigneusement de faire des promesses à propos d'une évolution vers un gouvernement représentatif et surtout de son accélération. Il parla de la commune expression de l'Exco et du Legco et manifesta son intention d'y prêter attention.
Mais peu après la rencontre de Kiang Tse-min et des représentants des commissions de rédaction et consultative de fondamentale, des personnages politiques hongkongais procommunistes se mirent à proclamer que l'accélération de la démocratisation pourraient bien mener à une plus grande confrontation avec les autorités communistes chinoises après 1997.
Le 26 juillet 1989, les Conseils législatif et exécutif du gouvernement de Hongkong ont adopté la proposition de l'administration britannique que 20 membres (soit un tiers) du Conseil législatif (Legco) seraient directement élus par la population en 1991. Selon le projet de fondamentale publié en février 1989, seuls 27% des sièges de la première législature de administrative spéciale de Hongkong seraient pourvus par les élections au suffrage universel. En réponse, les hommes politiques locaux pro-Pékin insinuaient que la demande d'un système politique plus démocratique que ne le prévoyait fondamentale était « naïve » et engageaient aussitôt une publicité tapageuse contre plus de démocratie.
En fait, les dirigeants communistes chinois n'ont accepté aucune concession ni autorisé la « Région administrative spéciale» de Hongkong d'avoir un système politique plus démocratique, non plus que le gouvernement britannique n'ait eu de position ferme pour maintenir un tel système politique à Hongkong. Les masse-médias chinois ont sévèrement critiqué le mouvement prodémo cratique de Hongkong, et la stratégie de Pékin a nettement appuyé les milieux d'affaires qui regardent généralement avec méfiance les réformes politiques. Devant le désespoir politique grandissant de Hongkong, les communistes chinois n'avaient aucune raison de faire des concessions.
Londres chercherait donc quelque compensation pour les Hongkongais en leur accordant le « droit de résidence » au Royaume-Uni. Mais cette solution n'a guère de chance d'être soutenue longtemps. Et quand l'énervement se sera dissipé, il aura toujours l'excuse de ralentir l'allure de la démocratisation devant l'opposition de Pékin et des milieux d'affaires locaux conservateurs. Après tout, le gouvernement Thatcher désire se retirer honorablement de Hongkong et est intéressé de poursuivre une coopération avec Pékin tant au sujet de Hongkong que dans ses relations bilatérales. La population de Hongkong est politiquement si impuissante qu'elle croit désormais assez futile de vouloir exercer quelque pression sur Pékin. En même temps, si elle souhaite vivement la démocratie, elle ne lui accorde plus autant d'importance et n'a plus l'inten tion de combattre pour elle.
Comme le gouvernement Thatcher a reculé dans l'application de la démocratie, l'administration britannique à Hongkong pourrait bien perdre de sa légitimité ou de son autorité. Que le mouvement prodémocratique échoue dans son entreprise, et ses dirigeants perdront alors toute crédibilité. L'establishment deviendra alors impopulaire pour avoir failli devant la pression de Pékin ou, pire, pour avoir été manipulé par Pékin. Il s'ensuivra un vide d'autorité à Hongkong qui pourrait devenir très grave.
Au cours de la rédaction de fondamentale depuis 1985, il est prouvé avec une magnifique clarté que Pékin a exigé le dernier mot surtous les problèmes cruciaux. Bien sûr, avec la publication du projet de fondamentale en février 1989, des révisions ont été apportées à l'article 18 concernant l'application des lois nationales dans administrative spéciale de Hongkong et à l'article 19 concernant l'indépendance du pouvoir judiciaire et le dernier ressort de la juridiction de administrative spéciale de Hongkong. Ces révisions sont une réponse admirable aux réclamations de la population hongkongaise jusqu'à ce jour. Mais trois mois après le massacre de Pékin, on a bien vite réalisé que l'autonomie de administrative spéciale de Hongkong trop parfaitement définie dans le chapitre II du projet de fondamentale était inacceptable.
C'est le stationnement de l'Armée populaire de libération (APL) à Hongkong qui a vite inquiété la population de Hongkong à cause de son rôle dans le massacre de juin 1989. Naturellement, le rapprochement est symbolique puis qu'il ne lui faut même pas une heure pour franchir les frontières et occuper le centre urbain du territoire. Fort de son droit souverain de pouvoir le faire en vertu de fondamentale, Pékin a repoussé toutes les suggestions qui cherchaient à éviter le stationnement militaire à Hongkong. Une fois de plus, les dirigeants communistes chinois ont placé la condition de souveraineté au-dessus de toutes les sensibilités de la colonie britannique.
En réponse à la loi martiale et au coup militaire à Pékin, le rapport de aux Affaires étrangères du Parlement britannique faisait une mention particulière au dernier alinéa de l'article 18 du projet de fondamen tale qui stipule: « Au cas où le Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire décide de déclarer l'état de guerre ou, pour des raisons de troubles dans administrative spéciale de Hongkong qui déborde le contrôle de ladite région, décide que soit placée en état de siège, le Conseil d'Etat peut décréter l'application immédiate des lois nationales qui s’y rapportent dans ladite région. » Le rapport de exprimant sa vive préoccupation devant l'ingérence du gouvernement central dans le domaine de la sécurité publique de administrative spéciale de Hongkong proposait que l'article 18 soit convenablement amendé.
Les autorités communistes chinoises ont réaffirmé la bienvenue de tous les investissements étrangers. La dette extérieure de continentale de 40 milliards de dollars américains est de venue un lourd fardeau, et son besoin d'aide financière et d'investissements de l'étranger est d'autant plus urgent. Les investisseurs ont alors le droit d'exiger des garanties pour un environnement sa tisfaisant à leurs capitaux. Aussi Pékin a-t-il accepté les demandes des investisseurs étrangers ou de leur gouvernement et a promis de les remplir.
Les pays industrialisés, comme les Etats-Unis, le Japon, le Royaume-Uni et l'Allemagne fédérale, qui sont les principaux partenaires commerciaux de Hongkong où ils possèdent également des intérêts considérables pourraient, selon les vœux de la population de Hongkong, exiger que la définition d'un « environnement économique attractif » et un « climat salubre pour les investissements » comprenne bien le maintien de l'autorité du droit, des libertés et des droits de l'homme actuellement en vigueur. Sur cette plate-forme, ces gouvernements ou du moins leur chambre de commerce à Hongkong peuvent former un comité, envoyer une délégation à Pékin chaque année soumettre un rapport de situation de 1'« environnement économique attractif» et du « climat salubre pour les investissements» de administrative spéciale de Hongkong. Par ce rapport, les investisseurs étrangers pourraient exprimer leurs préoccupations et proposer des mesures ou des améliorations.
Si les gouvernements occidentaux et le Japon pouvaient répondre favorablement aux efforts du gouvernement britannique et des groupes hongkongais et promettre d'accepter les habitants de Hongkong en cas de répression violente dans administrative spéciale, des pressions pourraient être faites sur continentale. Ces gouvernements auront alors plus de raisons de se préoccuper de l'autorité du droit, des libertés et des droits de l'homme à Hongkong. Le Bill of Rights actuellement considéré par l'administration britannique est une mesure qui va dans ce sens, même si son impact reste limité puisqu'il deviendrait l'égal des autres lois dans le territoire à défaut d'en être la loi suprême.
Bien que les nouvelles de la fuite des cerveaux de Hongkong fassent ces derniers temps les grands titres des journaux, ceux qui quitteront la colonie d'ici 1997 n'excéderont guère un million, plus vraisemblablement autour d'un demi-million, de personnes. En d'autres termes, plus de cinq millions de gens de vront rester à Hongkong. Du point de vue de la population hongkongaise, il faut soutenir commune sino-britannique, prendre au sérieux la rédaction de fondamentale, appuyer l'administration britannique pen dant la période de transition et maintenir à tous les niveaux les contacts avec les autorités communistes chinoises. Une étude publiée le 28 juillet 1989 dans le journal de Hongkong, Ming Pao, rappe lait que 55% des sondés croyaient que la participation à la rédaction de fondamentale devait continuer, alors que 44% considéraient que cela n'aurait aucun effet sur le résultat.
La ligne politique actuelle des dirigeants communistes chinois est le maintien de la politique de la porte ouverte et des réformes économiques tout en pour suivant une orientation politique plus conservatrice dans le marxisme léninisme. Les difficultés économiques aggravantes et la pénurie de devises étrangères les obligent à entretenir impé rieusement la stabilité et la prospérité de Hongkong. Iis possèdent de nombreux points communs avec les milieux d'affaires de la colonie. Aussi, si la situation extérieure du territoire n'est pas bouleversée, l'économie de Hongkong n'en sera guère trop affectée.
Par ailleurs, le sentiment d'insécurité dans le régime communiste chinois qui s'est avivé de façon sans précédent s'accroît. Les trois manifestations de Hongkong avec la participation de plus de 1 million de personnes en mai-juin 1989, les nombreuses défections de personnel des organismes de Chine continentale à Hongkong, l'influence des masse-médias locaux sur la population chinoise continentale et le profil du régime communiste chinois à l'étranger sont autant de facteurs qui pourraient amener Pékin à intensifier son contrôle et son ingérence dans le territoire de Hongkong.
Cela signifierait que les libertés dont jouit encore la population de la colonie seraient bien restreintes « à la danse et aux courses de chevaux », selon les propres termes de Teng Siao-ping [Deng Xiaoping]. C'est pourquoi, l'espoir des habitants de la colonie de conserver le niveau de vie, les libertés et les droits de l'homme qu'ils possèdent aujourd'hui sous l'autorité du droit risque terriblement de s'amoindrir. La solution est de l'accepter ou de partir. Malheureusement, près de cinq millions de personnes n'ont même pas l'option d'émigrer.
Cette analyse de la situation n'a délibérément pas pris en compte les modifications encore hypothétiques de la scène politique du régime de Pékin. La plupart des habitants de Hongkong s'attendent à une période chaotique qui balaierait toute continentale à la mort de Teng Siao-ping, mais si Hongkong pourra survivre à une telle crise reste hypothétique. ■
D'après Joseph Cheng Yu-shek,
Doyen de la faculté des Lettres et Humanités à l'Open Learning Institute de Hongkong.
[NDLR : Dans ce texte, les termes Chille. chillois et l'élément sillo- font tous référence au régime installé à Pékin, à l'exclusion de de Chine, quand il n'est point signalé autrement. - Pour servir de référence aux lecteurs français, les noms des personnalités communistes sont accompagnées, à leur première mention dans le texte, de leur transcription en usage dans la presse française.]